Dépression : quand tout va bien, en apparence
Idée reçue : "Quelqu'un en dépression, ça se voit"
Réalité : Karim avait lui-même cette image : celle de quelqu'un qui ne sort plus du lit, qui est émotif sans raison, qui ne fonctionne plus alors que lui arrive à se lever tous les jours pour aller au bureau, qu’il sort, et qu’il voit du monde. Cette idée reçue, très répandue, est l'une des raisons pour lesquelles le diagnostic arrive souvent tard, en particulier chez les hommes, qui consultent moins et minimisent ce qui se passe. La dépression ne ressemble pas toujours à ce qu'on imagine. Elle peut prendre la forme d'un vide, d'une irritabilité inhabituelle, d'une fatigue qui ne se répare pas avec du repos ou d'un désintérêt progressif pour ce qui compte et ceux qui comptent.
Idée reçue : "Les antidépresseurs créent une dépendance"
Réalité : Son médecin traitant lui propose un antidépresseur, avec un suivi psychiatrique en parallèle. Karim résiste d'abord - pas par refus de se soigner, mais parce qu'il ne sait pas vraiment ce que ça implique. Ce que les psychiatres expliquent régulièrement c’est qu’un traitement antidépresseur ne crée pas nécessairement de dépendance, ne modifie pas la personnalité, et n'est pas un engagement à vie.
Au contraire, c'est un moyen pour aller mieux, avec une durée, un objectif, et une date de fin de traitement, le moment est venu.
Idée reçue : "Le traitement agit tout de suite"
Réalité : L'effet n'est pas immédiat. Il faut deux à quatre semaines avant de percevoir un changement, parfois davantage. Et entre-temps, le quotidien continue : le travail, les interactions sociales.
Ce que Karim retient de cette période : l'importance d'avoir prévenu une ou deux personnes de confiance, pas forcément pour tout expliquer, mais pour ne pas être seul les jours difficiles.
Idée reçue : "Le traitement règle tout"
Réalité : Le résultat est graduel : il ne s’agit ni d’une transformation radicale ni d’une vague d’euphorie, plutôt une sensation progressive de reprendre goût à sa vie. La vitre est toujours là certains jours, mais elle est moins épaisse. Et c’est en partie grâce au traitement.
En revanche, le traitement ne résout pas ce qui a pu contribuer à la dépression.
Ça, c'est le travail de la thérapie, que Karim commence quelques semaines après le début de son traitement. Traitement et suivi psychologique combinés fonctionnent mieux que chacun séparément.
Idée reçue : "Ce n'est pas assez grave pour en parler"
Réalité : Attendre que ça passe seul a un coût sur la santé. Karim a perdu plusieurs mois à fonctionner au ralenti en pensant que c'était provisoire.
"J'aurais consulté plus tôt si j'avais su que ce que je décrivais correspondait à quelque chose. Je pensais que ce n'était pas suffisamment grave pour déranger quelqu'un » conclut Karim.
Les récits présentés sur ce site sont des témoignages à visée informative. Ils ne remplacent pas une consultation médicale et ne sauraient être interprétés comme un avis, un diagnostic ou une recommandation thérapeutique. En cas de symptômes ou de situation médicale préoccupante, nous vous invitons à consulter votre médecin traitant ou un professionnel de santé qualifié.

